• La Fontaine Aromatique, l’huile de La Réunion !

    Le distillateur Johan Morel et son bel alambic @TK

    Le chemin Surprise de Saint-Leu aux virages serrés vous mènera dans un havre de paix sympathique et charmant tenu par Johan Morel. Ce jeune homme, passionné de nature, est revenu sur les terres de ses origines pour relancer une activité jadis florissante tombée quelque peu dans l’oubli. Johan s’est lancé, il y a quelque six mois, dans la production artisanale d’huiles essentielles 100 % locales. Pour cela, il a retapé de ses mains avec l’aide d’un ami ferblantier et d’un tailleur de pierre, un alambic “lontan” où le temps a fait son oeuvre sur un cuivre devenu vert de gris. Niaouli, citronelle, géranium, camphre, tea tree, eucalyptus sont quelques-unes des plantes qu’il cultive alentour ou qu’il va lui même récolté dans les jardins de particuliers afin de les préparer à la distillation.

    Une distillation artisanale @TK

    Chaque vendredi matin, c’est le rituel de la “cuite” à La Fontaine Aromatique, un moment qu’il aime partager car il accueille les touristes et les visiteurs curieux de cette pratique ancestrale et adeptes d’huiles essentielles. Il chauffe son alambic au feu de bois et laisse ensuite la distillation s’effectuer ; à titre informatif, quelque 200 kilos de feuilles de niaouli donneront, après 3 heures de chauffe, à peine 40 cl d’huile essentielle et une cinquantaine de litres d’hydrolats.

    Johan dans sa boutique où il propose huiles essentielles et hydrolats 100 % pays @TK

    Durant tous ces échanges avec les visiteurs, Johan partage tous les bienfaits de ses huiles essentielles et se fait un point d’honneur de ne proposer que des huiles essentielles locales et qu’il a distillées lui-même. Le néo-distillateur fourmille d’idées pour développer son activité en créant des distillations originales comme lors des pleines lunes, et serait ravi de collaborer avec des chefs cuisiniers et des métiers de bouche qui sublimeraient ses produits issus du terroir réunionnais. L’une de ses dernières créations : l’huile essentielle de 4-épices…

    Pour plus d’informations : https://www.lafontainearomatique.re/ et au 06 92 07 50 45

  • Una storia importante !

    L’histoire de Charles et Martine, les patrons de La Bella Storia à Sainte-Clotilde, est une… belle histoire !

    Martine et Charles de La Bella Storia à Sainte Clotilde @TK

    Cet ancien chauffeur routier reconverti en pizzaiolo, épaulé de son être aimé, a réussi son pari en ouvrant il y a un an et demi sur le bord d’un axe de circulation très passant entre une station-service et un snack, à proximité du Technopole, route de la Rivière des Pluies. Ce n’était pas gagné sur le papier mais aujourd’hui, midi comme soir, le lieu ne désemplit pas.

    Un endroit sympa, soigné et bien tenu @TK

    La recette de ce succès ? Un lieu sympa, lumineux, bien tenu ; un accueil et un service charmants ; et surtout des pizzas et des pâtes qui envoient du bois. Pas encore depuis le feu, mais ça va venir ! Formé par le maestro et le champion du monde de la pizza à La Réunion, Thierry Gourreau, Charles ne lésine pas sur les moyens pour faire une bonne pizza avec des farines de qualité, une fermentation et maturation longues (3/4 jours), un étalement manuel et des garnitures de qualité provenant de la Grande Botte ! Tomates San Marzano DOP, mozzarella di Bufflala, grana padano, scamorza, spianata calabreze, bresaola IGP sont des produits bien sourcés qui font la différence sur des pizzes classiques comme gourmets (12,90/15,90 €) ! Vins et bières artisanales italiennes de rigueur !

    La diavola de Charles @TK
    La ricordo della scozia à base d’un gravelax de saumon frais label rouge @TK

    Les pastas (13,90/14,90 €) sont dans la même veine que les pizzes tout comme les délicieux desserts (6,90 €) classiques d’Italie, préparés par Martine dont cet excellent et délicat tiramisu au goût de café et de cacao bien distillé avec mascarpone et une crème de noisette !

    Le délicieux tiramisu de Martine @TK

    Contrairement à Aldo Maccione, le couple de patrons de La Bella Storia ne roule pas des mécaniques mais respecte leurs clients tant dans le service que dans les assiettes proposées. Une adresse qu’on se confie de bouche à oreille. Vous comprendrez aisément qu’il faut donc réserver pour passer un beau roman, une belle histoire à La Bella Storia !

  • Pas de commérages au Bocage !

    Voilà quelques mois que l’adresse située à proximité des installations sportives de Sainte-Suzanne, dans cet espace vert que les pique-niqueurs apprécient, a ouvert ses portes. Il faut toujours quelque temps à un restaurant pour trouver ses marques, apprivoiser son nouvel outil de travail et solidifier les bases de son personnel. Le Bocage a donc passé ce cap du démarrage en venant combler le vide gastronomique dont souffrait Sainte-Suzanne.

    Le Bocage, bâti de pierre et de bois, possède ce charme bucolique avec une eau qui coule à vue et une construction où le clin d’œil à l’architecture traditionnelle créole est présent. Différents espaces, intérieurs et extérieurs, permettent d’accueillir une centaine personnes dans un espace lumineux et bien vivant à l’heure du service.

    Un des espaces où s’attabler au Bocage @TK

    À table, c’est à l’ardoise qu’on choisit des plats « contemporains » comme des plats traditionnels réunionnais nommés « Nout Marmite ». L’offre d’une quinzaine de propositions est à taille humaine et assure la fraîcheur des produits. L’établissement s’approvisionne chez des artisans et producteurs locaux de qualité, et des environs. Aux beaux fourneaux siglés Charvet, le jeune chef réunionnais Ludovic Bardeur, passé notamment au Palm, Domaine Moka et le Bar à Huîtres Lebon, est épaulé depuis peu par le chef Wilfrid Pavadé. Ce dernier, transfuge récent du restaurant Le Carré à Saint-Denis qu’il a fait briller à la belle époque, est venu renforcer en superviseur l’équipe en cuisine du Bocage.

    Le duo de chefs Wilfrid Pavadé et Ludovic Bardeur @TK

    Les plats contemporains servis au Bocage ont belle allure avec des assiettes généreuses qui respirent la fraîcheur, avec une belle palette de couleurs et de saveurs comme avec ce pavé de marlin mi-cuit (24 €) avec fèves, carottes al dente, morceaux de citrouille et une intense et crémeuse purée vanillée à la patate douce, enrobée d’une succulente sauce au massalé, infusée au kaloupilé. Ce surprenant méli-mélo de produits et d’épices offre un beau voyage au palais, très bon ! Dans les autres propositions contemporaines originales, on trouvera par exemple une poêlée de zourite déglacé au vinaigre balsamique (17 €) ou encore une pièce de porc laqué à l’orange (22 €).

    Pavé mi-cuit de marlin, sauce massalé, infusée au kaloupilé @TK
    Poêlée de zourite déglacé au vinaigre balsamique @TK

    Dans « Nout Marmite », les saucisses pétées (13 €), assez rares au restaurant, provenant du charcutier communal Alagama, sont servies dignement dans des mini-marmites avec riz, grains, brèdes, rougail et piment la pâte. Le massalé, Est de l’île oblige, est en fête dans les propositions traditionnelles avec un massalé cabri (25 €) ou encore un massalé la corée (14 €). Un trio de guêpes (35 €) est aussi ardoisé.

    Saucisses pétées, riz, grains, brèdes et rougail !@TK

    Pour les desserts, des classiques sont proposés avec ce jour-là, également un gourmand pain perdu avec une compotée de banane flambée et glace vanille (9€).

    Pain perdu, compotée de banane flambée, glace vanille @TK

    Voilà donc une adresse sérieuse avec un service dynamique qui mérite une halte aux portes de l’Est de La Réunion qui sent bon la vanille, c’est donc un Bocage sans commérages !

  • Le charme gourmet du Blue Margouillat à Saint-Leu

    Cette table de charme, élégante et prestigieuse -3 Vanilles au GUIDE KASPRO- est de celles qu’on se réserve pour des moments exceptionnels, familiaux. Autour de la piscine ou sous la varangue de la bâtisse coloniale, la magie de se retrouver attablés dans ce cocon gourmet à la nuit tombée opère toujours. L’adresse de l’hôtel-5 étoiles de Saint-Leu fêtera bientôt ses deux ans d’adhésion au très sélect et convoité label Relais & Châteaux. Le Blue Margouillat est tout de même le seul établissement d’un département d’Outre-Mer français à posséder cette distinction ! Une adresse cotée qui ne désemplit guère la semaine comme le week-end. Ce succès discret et intime que cultive cette grande table tropicale de La Réunion est dans l’ADN de cette maison impeccablement tenue, aux petits soins, où le diable est dans les moindres détails. Rançon de ce succès légitime !

    Vaisselle, verrerie griffées font partie de l’expérience au Blue Margouillat @TK

    Côté mise de table, on applique au Blue Margouillat les mêmes codes des grandes tables étoilées pour vous faire vivre une expérience unique : vaisselle du céramiste français Jars, verrerie autrichienne haut de gamme signée Zalto jusqu’aux couteaux griffés Blue Margouillat confectionnés par l’artisan local Saxo. Les couverts ne font pas le cuisinier mais quand un plat est valorisé, sublimé dans un contenant, le plaisir des yeux prend tout son sens. Le chef Marc Chappot l’a bien compris. Discret, réservé, celui qui mène la brigade d’une dizaine de cuisiniers pour un maximum de 50 couverts, applique dans son restaurant une cuisine métissée où les produits locaux se conjuguent ou escortent de belles manières, des matières premières de qualité d’ailleurs. Les différentes saveurs et textures d’un mets se lient entre elles pour livrer au palais du relief, de la finesse, de l’émotion et du goût ! On est là sur une cuisine généreuse, chaleureuse où les bases de la cuisine traditionnelle et classique française, chère au chef Chappot, ont été transformées, réfléchies en cuisine gastronomique. C’est précisément là où le chef s’exprime le mieux, dans ses assiettes. L’arrivée récente de nouveaux collaborateurs en cuisine comme en pâtisserie apporte à l’adresse un souffle nouveau aux créations du chef sans les bousculer.

    Cubes de marlin fumé maison, salade de palmiste, noisette, condiment betterave acidulée @TK
    Dorade, risotto chouchou, émulsion jus de crustacés citron galet @TK

    Le prolongement de la main d’un chef est le service. Au Blue Margouillat, le dernier geste qui sépare la cuisine de la table est distillé par une brillante équipe au service, toute de noir vêtue. Coordination, énoncé du plat de rigueur, repasse de délicieux pains bio de Côté Pain d’Etang-Salé, le ballet est précis comme de l’horlogerie suisse où chaque serveur tient son rang et s’adapte à la table qu’il anime. La sommelière, en place depuis deux ans, veille avec talent sur une cave vivante, riche de plus 700 références aussi prestigieuses soient-elles (Petrus, Romanée-Conti, Lafite-Rothschild…) comme des vins de découverte (Les Creisses, Lapierre, Afrique du Sud).

    Caille grasse des Avirons, mousseline de bringelle patate douce, chips de pain bio aux shitakés @TK
    Croustillant de vanille bleue,carpaccio d’ananas Victoria curcuma, glace miel ananas @TK

    Dîner au Blue Margouillat est plus qu’un dîner, on y vient pour se lover dans une douce bulle éphémère, vivre une expérience au-delà de l’assiette, qui demeure pourtant le fil rouge maîtrisé de ce lieu si prisé et pourtant tellement intimiste, exclusif !

  • Le Pierre Bistrot Chic a repris des couleurs !

    L’arrivée récente du chef réunionnais Fabien Rocheville change la donne de cette coquette table du Sud qui dispose à présent d’un bel atout dans le cadre de l’hôtel 4-étoiles La Villa Delisle à Saint-Pierre.

    Le chef Fabien Rocheville au Pierre Bistrot Chic @TK

    L’ intérieur est chic, soigné avec une ambiance Jules Verne. La formule déjeuner (actuellement à 18 € au lieu de 22 €, menu complet à 32 €) renouvelée chaque jour, avec un plat et un dessert, est un beau cadeau dans cette atmosphère distinguée avec un service appliqué, souriant, nappe et serviettes en coton, belles verrerie et vaisselle comprises ! Les entrées de cette formule sont gourmandes, généreuses et savoureuses. Comme ce carpaccio d’espadon pêché au large des côtes réunionnaises par une coopérative de pêcheurs de Terre Sainte, accompagné d’une salade palmiste, sauce pickles aux saveurs de Maurice ou cet œuf (vraiment) parfait, crème de foie gras, purée de pommes de terre à l’huile de truffe.

    Oeuf parfait, purée de pommes de terre huile de truffe, sauce foie gras @TK

    Pour la suite, un choix de trois propositions pour les plats : toujours un plat végan comme ce jour un curry de lentilles corail façon dhal, riz rose indien, un poisson comme ce thazard des côtes réunionnaises, crème de curcuma frais et petits légumes et une viande : un demi-magret de canard rôti, légumes bio et savoureux gratin de pommes de terre et butternut.

    Magret de canard rôti, légumes bio @TK

    Les plat du chef Rocheville sont de très belles et réelles propositions, avec un intéressant travail autour de l’élément central de l’assiette et des garnitures qui l’escortent ainsi que les beaux jus qui lient l’ensemble.

    La carte, bien menée, mérite qu’on s’y plonge pour déguster les réalisations créolonomiques de ce chef qu’il faudra surveiller, lieutenant durant trois ans au Saint-Michel à Saint-Gilles auprès du chef de l’année 2019 du GUIDE KASPRO, Jofrane Dailly. Autre bon point du Pierre Bistrot Chic, l’hospitalité naturelle envers les végétariens, végans avec des propositions travaillées de la formule déjeuner à la carte, jusqu’au dessert avec ce ” Nuage au Géranium”, en passant par une assiette 100 % végétale avec des légumes sublimés d’Eric Lavalle. Carottes et betteraves colorées, radis, chouchous et blettes, glacés, crus, cuits, croustillants, en purée, mettent du baume au cœur en couleurs et en saveurs..

    L’assiette 100 % végétale avec les légumes d’Eric Lavalle @TK
    L’élégant et délicieux et dessert Valrhona Manjari du Pierre Bistrot Chic @TK

    Les généreux desserts de la formule du jour étaient un minestrone de fruits avec une boule de sorbet goyavier ou un moelleux (bien coulant) au chocolat accompagné d’une délicieuse glace vanille Bourbon. A la carte, un délicat et équilibré travail autour du chocolat Valrhona Manjari sous différentes textures est venu conclure ce beau déjeuner au Pierre Bistrot Chic.

  • La Kaz des Saveurs ! Ouvrez vos cœurs !

    Voilà un jeune couple que nous avons suivi depuis ses débuts prometteurs en ouvrant il y a un peu moins de deux ans à Saint-Gilles-les-Hauts ! Le chef Nicolas Lépinay et sa compagne Joannie, en salle, s’étaient en effet lancés dans l’ouverture de leur propre restaurant avec beaucoup de passion et les moyens qui étaient les leurs. Bien leur en a pris puisque la cuisine créolonomique du chef passé notamment chez le chef cathodique Michel Sarran à Toulouse, à Côté Seine à La Réunion, avait conquis une clientèle gourmet toujours plus nombreuse à se presser dans un établissement malmené par le passé.

    Le chef Nicolas Lépinay et Joannie ont gardé le moral ! @TK

    Alors que tout commençait à s’éclaircir côté rentabilité à force de travail et d’économies, un incendie criminel est venu enrayer leur développement le 21 juin dernier, rendant leur outil de travail impraticable. Après quatre mois de fermeture, La Kaz des Saveurs a fait la semaine passée une ouverture partielle et discrète de sa table pouvant accueillir seulement 15 personnes. Nous étions de passage ce déjeuner chez ce couple plein d’entrain mais quelque peu dépité par leur situation précaire qu’il traverse, même si ce dernier veut rester positif.

    Serviettes et tables nappées à La Kaz des Saveurs @TK

    Velouté glacé de chouchous, espuma truffe noire @TK

    La cuisine proposée par le chef Nicolas Lépinay est toujours aussi savoureuse, goûteuse, travaillée et mérite qu’on s’intéresse de près à elle. La formule déjeuner ( 22/26 €) avec une délicieuse entrée comme ce velouté glacé de chouchous et son espuma à la truffe noire, qui est une belle introduction en matière : légère, végétale et parfumée . Côté plats, deux choix : le vivaneau, beurre aux agrumes, mousseline de patates douces, ou des morceaux d’échine de porc pays, jus réduit, écrasé de pommes de terre aux herbes. Les cuissons, les jus tout comme les assaisonnements et les garnitures sont justes, précautionneusement exécutés, rendant nobles ces produits de la cuisine quotidienne.

    Vivaneau, beurre aux agrumes, mousseline de patates douces @TK
    Échine de porc pays, jus réduit, écrasé de pommes de terre @TK
    Tartelette croustillante Valrhona Dulcey et glace vanille @TK

    En dessert, la tartelette croustillante au chocolat Valrhona Dulcey (9,50 €) est une jolie proposition sucrée et craquante, rendant la gourmandise presque obligatoire !

    La cuisine est aussi une histoire de solidarité et de cœur ! Allez rendre visite à ce jeune couple discret et travailleur pour passer un délicieux moment, ils n’en seront que touchés ! Le restaurant est à présent ouvert du mardi midi au samedi soir, excepté le déjeuner du samedi. Formules déjeuner 22/26 € ; formules dîner 32, 37, 49 €. 72 rue Joseph Hubert, 97435 Saint-Gilles-les-Hauts. Tél. 02 62 11 78 28/06 92 79 90 70

  • Le Bistrot de Pépé Gentil en grande forme !

    C’est l’adresse de l’Ouest en grande forme où la réservation est plus que conseillée tellement on joue des coudes pour profiter d’un dîner ! Tous les ingrédients sont là pour que cette belle table doublement vanillée au GUIDE KASPRO devienne une très grande table de demain !

    La belle ardoise du Bistrot de Pépé Gentil @TK

    Pas de vue mer, pas les pieds dans le sable…autant dire que la situation pour s’attabler au Pépé ne fait pas rêver sur le papier, et pourtant, dès lors qu’on quitte sa voiture du parking sombre de la Place des Coquillages à Boucan Canot, on entre dans la lumière de ce restaurant situé au rez-de-chaussée d’une résidence. Si on ne le savait pas, on ne le remarquerait pas… Un véritable esprit “Bistrot” se dégage de ce lieu avec tables et chaises de circonstance en terrasse et un magnifique comptoir bahut à l’intérieur patiné par le temps !

    Une belle sélection de vins au verre @TK

    Si cette table remarquablement tenue par Maria Davy, sommelière de l’année du GUIDE KASPRO 2018, ne connait pas la crise, elle vient pourtant de prendre de la hauteur et de la substance en cuisine avec l’arrivée, il y a quelques semaines, de Thomas Lefebvre, disciple du chef Marc Chappot du Blue Margouillat à Saint-Leu. Les assiettes ont gagné en précision tant dans les dressages que sur le travail autour des garnitures et des sauces ! Le chef Lefebvre devrait progressivement monter en gamme en se familiarisant à l’esprit et la clientèle de ce bistrot très en vogue pour y apposer sa propre empreinte. Mentions spéciales également pour la qualité des desserts servis avec des équilibres sucres/acidité bien menés et un travail de présentation.

    Carré d’agneau en croûtes d’herbes, aligot et aubergine fumée, jus au romarin @TK
    Saint-jacques fraîches snackées, émulsion champagne, risotto au curcuma @TK
    Éclair de vanille et noix de macadamia @TK
    Sablé breton exotique ! @TK

    Il y a au Pépé Gentil toujours autant de plaisir régressif à lire à l’ardoise les propositions à la jolie et déliée écriture manuscrite, accompagnées des précisions orales du service. La maligne et excitante carte des vins est habilement menée mais vous pouvez, les yeux fermés, vous laisser guider par la sommelière, qui saura vous dénicher le vin qui conviendra le mieux à votre table. Maria Davy est épaulée au service par Annabelle, transfuge également en salle du Relais & Châteaux de Saint-Leu, qui prodigue là aussi un service compétent et souriant.

    Le service souriant de Pépé Gentil @TK

    Vous comprenez mieux le succès de cette adresse qui ravit autant les oenophiles, les épicuriens que les gourmets ?

  • L’Atelier de Ben 2.0

    Il aura fallu plus de 8 ans pour que le rêve devienne réalité même si les cauchemars ont du être nombreux durant toutes ces années de patience et d’impuissance. Enfin, le chef Benoît Vantaux s’est installé, il y a à peine un mois sans tambour ni trompette, dans son nouveau chez soi, à quelques mètres de son ancienne adresse à Saint-Denis ! L’ADN de Ben est toujours la même, elle saute aux yeux dès l’accueil ! C’est le même esprit qu’avant mais en mieux… avec plus de confort, plus d’intimité, avec une cuisine ouverte en verrière, des niches au mur, une façade d’armoires à vins…et grand plus…un patio à ciel ouvert, ombragé à discrétion, aux murs blancs éclatants qui font songer à la Grèce et ses terrasses immaculées ! Décor particulièrement réussi, avec changement de couverts, de vaisselle, de verrerie, et toujours un beau nappage et des serviettes en tissu ! Deux ambiances différentes dans un même lieu et ça marche bien ! La capacité en couverts a doublé comme le personnel en cuisine et en salle !

    Le patio de Ben, un endroit aéré et une ambiance plus légère @TK

    Côté cuisine, Ben reste fidèle à ses fondamentaux avec sa carte fixe qu’il renouvelle toutes les saisons et sa formule du midi (31 euros pour l’entrée/plat/dessert ou 28 euros pour entrée/plat ou plat/dessert). Le chef triplement vanillé du GUIDE KASPRO 2019 compose une cuisine bistronomique colorée avec un joli travail de saucier et des légumes frais et craquants ! Au menu de sa formule du déjeuner de ce jour, en entrées, au choix : salade de sucrine océane, palourde et saumon gravelax avec une chantilly d’huître pour le liant ou un espuma de champignon, coeur d’artichaut, farce fine de volaille servie sous forme d’une généreuse verrine. En plats, une bavette d’aloyau, jus truffé avec des trompettes de la mort et des pommes de terre grenailles ou une trilogie de la mer avec vivaneau, calamar, carmaron avec une émulsion au curry thaï rouge avec un riz vénéré.

    Bavette d’aloyau, trompettes de la mort et légumes frais croquants @TK
    Camaron, vivaneau, calamar, riz vénéré et émulsion curry rouge thaï @TK

    Autre nouveauté de L’Atelier de Ben de par la spacieuse superficie de la cuisine, la création d’un laboratoire pâtisserie pour proposer notamment dans la formule méridienne du jour : une crème brûlée à la lavande, sorbet cerises et framboises fraîches ou une salade rafraîchissante de fruits tropicaux.

    Crème brûlée à la lavande, sorbet de cerises et de framboises fraîches @TK

    Côté vins, la carte s’est également garnie avec des grands classiques à Bordeaux comme en Bourgogne, et proposition de vins au verre dans les trois couleurs à l’ardoise ( de 7 à 17 euros).

    Le chef Benoît Vantaux, ravi de son nouvel outil de travail ! @TK

    Le service soigné reste efficace et professionnel sans en faire des tonnes…L’Atelier de Ben a donc parfaitement réussi sa métamorphose ! Réservez !

  • Superbe déjeuner accords mets et vins à La Case Pitey

    Les plus belles bouteilles étaient de sortie à La Rivière Saint-Louis au restaurant La Case Pitey, 3 vanilles au GUIDE KASPRO 2019, lors de ce déjeuner de samedi, avec en grande partie, des bouteilles originaires de Bourgogne et de très grands domaines…

    Le chef Samuel Tétard avait préparé, sous sa formule « carte blanche » Omakasé, un déjeuner en 7 temps (50 euros) où les accords avec les bourgognes blancs et rouges avaient été privilégiés. Félicitations au chef pour avoir su, quasiment au pied levé et sans pourtant connaître la liste des vins dégustés, marier ses mets raffinés à ces vins d’exceptions, preuve d’une grande adaptabilité et d’une connaissance des vins.

    Les mises en bouche @TK

    Le déjeuner débuta pour se faire les papilles, par des bulles de bourgogne, blanc de blancs de chez Vitteaut-Alberti, avec trois mises en bouche, une rillette de poisson aux agrumes, une brouillade d’œuf et un velouté de chou-fleur crème fraîche ! Beaucoup de finesse dans ces « préambulles » solides !

    Le premier des 7 temps, fut un mi-cuit de foie gras à l’abricot du Roussillon, accord parfait avec le Gewürztraminer Grand Cru Mambourg 2005 de Marc Tempé, superbe amplitude et fraîcheur avec un vin encore en pleine forme avec un équilibre sucre/acidité grandiose, des arômes mentholés, d’abricot, de reine-claude, mirabelle avec une note de safran qui commence à poindre.

    Mi-cuit de foie gras à l’abricot du Roussillon, quenelle de figue @TK

    Deux saint-aubin blancs premiers crus, Pitangerets 2016 de Paul Pillot et Sur Le Sentier du Clou 2009 de Pierre Gérard, furent servis en même temps avec de superbes et rares crevettes pays dites « crevettes du volcan » avec une brunoise de betteraves chioggia et un sablé au parmesan, très beau plat coloré avec un intéressant chaud/froid ! Le 2016 fut bien droit, frais, minéral tandis que le 2009 montrait déjà une certaine évolution, un manque d’équilibre.

    Les rares et superbes crevettes pays dites crevettes du volcan @TK

    Troisième temps, toujours deux blancs, et très grands, avec un Puligny-Montrachet villages 2015 de chez Anne-Claude Leflaive et un rare Vougeot Clos du Prieuré 2015 du Domaine de La Vougeraie qui ont escorté un carrelet avec une bisque de homard bleu breton bien relevé qui a bien matché avec le côté poivre blanc qu’on a pu retrouver dans ces deux grands chardonnays de Bourgogne. Celui de la Côte de Beaune, le puligny, avait une dimension plus fine, plus droite que celui de la Côte de Nuits, avec plus de gras, un boisé plus marqué mais bien intégré ! Deux très grands vins qui en ont encore dans les mollets !

    Poisson carrelet, bisque de homard breton, œufs de poissons volants @TK

    La raviole de boudin noir à la truffe et dans son bouillon, avec un côté terreux et racinaire, fut une belle surprise gustative qui s’est accordée avec encore deux extraordinaires vins blancs, toujours de Bourgogne : un Puligny-Montrachet 1er Cru Les Pucelles 2008 de feu Anne-Claude Leflaive et un grand cru Bienvenues-Bâtard-Montrachet 2003 de Jean-Claude Bachelet. On avait là deux monstres sacrés du chardonnay, de par la réputation des domaines et par les appellations ! Une belle tenue pour le vin d’Anne-Claude marqué toutefois par des signes d’évolution et un grand cru, issu d’un millésime caniculaire, assez chaleureux, avec une belle amplitude et encore du tonus. Mais quels vins !

    Raviole de boudin noir à la truffe dans son bouillon @TK
    Les vins blancs dégustés @TK

    Petit intermède pour aviner les verres et les palais au vin rouge avec un sympathique Nuits Saint-Georges Vieilles Vignes 2012 de Philippe Gavigney.

    C’est au cinquième temps, que les grandes bouteilles de pinot noir de Bourgogne s’ouvrèrent avec un joli clin d’œil du chef Tétard et un œuf en meurette revisité selon Bernard Loiseau. Superbe plat traditionnel de Bourgogne superbement exécuté et qui n’a pas dénaturé le grand cru Clos des Lambrays goûtés sur les millésimes 2007 et 2006 ! On est là sur des monuments, des domaines iconiques de Bourgogne ! Beaucoup de finesse, de soyeux dans ces vins, le 2007 a manqué d’expression et est apparu plus atone que le 2006 qui était superbe encore de fraîcheur, de densité !

    Oeuf meurette revisité selon Bernard Loiseau @TK

    Voisin direct du Clos des Lambrays, le grand cru Clos de Tart a fait aussi partie de cette fabuleuse dégustation, avec le même millésime, 2006 ! C’est le vin qui a le plus marqué le palais des convives tant il est apparu d’un remarque équilibre, avec des tanins fins, polis, un toucher de bouche soyeux et une grande longueur ! Ce fut un très bon compagnon de table du grand cru Chapelle Chambertin 2007 du réputé Domaine Ponsot, un peu fermé mais avec une belle matière, sur la viande salers d’une tendreté incroyable avec un écrasé de pomme de terre et un trait de pesto.

    Boeuf salers, écrasé de pommes de terre, champignon de Paris, pesto @TK
    Clos des Lambrays et Clos de Tart, de très grands bourgognes ! @TK

    Petite escapade ensuite à Bordeaux avec Pavillon Rouge 2006, le second vin de Château Margaux, premier grand cru classé de Bordeaux ! Après le problème de bouchon à l’ouverture résolu, ce margaux de 19 ans, quoique marqué par quelques traces de fatigue, a tout de même dévoilé la signature des grands châteaux bordelais avec beaucoup de finesse en bouche, pas massif pour un sou, plutôt léger. Il n’a pas dénoté avec le fraisier et ses touches de fruits rouges et noirs : groseille, cassis, framboise, mûre… ce qu’on pouvait retrouver dans ce margaux.

    Très beau fraisier autour de fruits rouges et noirs @TK
    Les vins rouges de la dégustation !

    Pour finir, le café et les mignardises chocolatées ont escorté un très beau Collioure Barlande 2014 du Domaine de La Rectorie, issu principalement du cépage grenache avec du carignan, qui a dévoilé beaucoup de fraîcheur, du velouté et des notes réglisses et de fruits rouges.

    Magnifique dégustation lors de ce déjeuner à La Case Pitey où les vins furent servis et préparés par la sommelière Mélina Bègue et où la cuisine du chef Samuel Tétard a brillé par sa créativité, sa justesse, ses saveurs et sa progression tout au long de ce menu Omakasé en 7 temps.

    L’ensemble des fabuleux vins dégustés lors de cette fabuleuse dégustation à La Case Pitey ! @TK
  • André Béton

    Voilà une adresse ‘béton’ ouverte il y a quelques semaines. Il faudra monter à Bourg-Murat à La Plaines des Cafres sur les hauteurs de La Réunion, pour dégusterl’authentique cuisine traditionnelle réunionnaise concoctée au feu de bois par l’artiste André Béton. Un nom qui parlera aux amateurs d’art pays. Dans son chez soi à la manière d’un speakeasy ou d’un cabinet de curiosité créole, il reçoit sur réservation maximum 14 couverts qui peuvent s’unir ou pas, en fonction des affinités ! Au menu, des produits de la cour ou des producteurs et artisans du coin ! André Béton est à l’origine du QG non loin de là, il en connaît un wagon en cuisine et un train entier sur la vie…
    Ce midi, dans la lumière cafriplainoise, le baba figue était à l’honneur en salade, en fricassée, en gratin…un régal ! De délicieux samoussas à la citrouille mêlée d’épices ont joué l’originalité à l’apéritif avant de laisser place à un savoureux rougail morue croûté et salé, et un carry poulet de belle tenue, avec rougails piment et tomates arbustes pour titiller les sens ! Des fruits frais pays ont apporté la fraîcheur bienvenue de fin de repas. Le tout pour… 20 euros, boissons comprises ! Foncez et réservez au 0692 96 53 16 ! André et Rose sont adorables, si ça c’est pas béton…