• LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS #37: Fred Mallet du restaurant Le Zat à Saint-Leu

    Fred Mallet est aussi artiste, preuve avec son portrait en kaléidoscope !

    Fred Mallet est le propriétaire du célèbre restaurant de plage Le Zat à Saint-Leu qui emploie 15 salariés. L’établissement est complètement à l’arrêt depuis le confinement. Le patron artiste est partagé entre résignation et patience…

    Comment vivez-vous la situation ?

    Comme une situation de découverte surréaliste, on apprend que l’on ne peut rien contrôler…

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Du thon mi-cuit avec des légumes à la plancha.

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Je cuisine davantage en ce moment.

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Vélo, je cours, je marche, je fais faire des travaux au Zat !

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    Restons patients…

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS #36: la cheffe pâtissière Laure Fridmann de la pâtisserie-boulangerie Sensations à Saint-Pierre

    La cheffe pâtissière Laure Fridmann et son délicieux mille-feuilles renversé !

    La cheffe pâtissière Laure Fridmann, pâtissière de l’année du GUIDE KASPRO 2018 quand elle excellait au Palm Hotel & Spa, a ouvert, l’an passé, sa jolie boutique Sensations à Saint-Pierre après avoir essuyé les plâtres albâtres des gilets jaunes. Si elle a pu maintenir une partie de son activité, l’équilibre financier n’est pas au rendez-vous, qui plus est avec l’indélicatesse de certains clients non conscients de la situation que traversent des artisans fragilisés par cette crise.

    À quel degré le confinement a-t-il mis un coup d’arrêt à votre activité ?

    Notre activité a, au début du confinement, beaucoup ralenti et elle a repris davantage notamment grâce aux fêtes de Pâques. Il faudra voir si cette activité se maintient…

    Comment le confinement impacte-t-il votre activité ?

    Nous ne sommes pas les plus à plaindre car nous pouvons continuer à travailler, mais nous travaillons quand même à perte surtout dans une structure toute récente comme la mienne qui a encore de grosses charges à assumer. Mais nous perdons déjà un peu moins que si nous étions complètement fermées.

    Au-delà de l’aspect financier, nous faisons partie des catégories de gens qui aiment leur métier et qui ont besoin de travailler. Comme je le dis souvent à mes clients, nous faisons ce métier par passion et pour faire plaisir aux gens. Notre récompense est de voir le sourire des gens et leur bonheur de pouvoir encore profiter de bons produits.

    Mais, il y a aussi des gens qui vivent très mal cette situation, heureusement c’est une minorité, et qui se permettent de se défouler sur nous quand le produits qu’ils veulent ne sont plus disponibles. Il serait bon de rappeler, à ces personnes, l’essence même de l’artisanat : c’est un métier basé sur le savoir-faire de l’homme. Une personne peut produire une certaine quantité, au-delà de cette quantité, nous pourrions plus produire la même qualité !

    Chers clients, si vous voulez de la qualité, il y a parfois quelques concessions à faire : pensez à commander ou faites-nous confiance et laissez-vous tenter par un autre produit, vous ferez peut-être une belle découverte…

    Quel est votre quotidien type durant ce confinement ?

    Pour nous, le travail est plus éprouvant car nous sommes en équipe réduite. Afin de sauver les meubles, la majorité de mon personnel est au chômage partiel et je me retrouve contrainte à gérer plusieurs postes comme la vente, les livraisons.

    Quel est le positif de cette situation ?

    Pour l’instant, je n’en vois pas ! J’espère juste que les clients n’oublieront pas l’effort que nous avons fourni pour rester ouverts : heures de travail, exposition à la maladie…

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Il paraît plus raisonnable de prendre les choses au fur et à mesure. Donc on verra bien ce que l’avenir nous réserve…

    La première chose que vous aimeriez faire après le confinement ?

    Retrouver mon meilleur ami autour d’une bonne bouteille…

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS #35: Julie Huillet et Junior Correia de Andrade de Kampaï Niwa à Saint-Pierre

    Le chef Junior Correia de Andrade et Julie Huillet de Kampaï Niwa.

    Julie Huillet et Junior Correia de Andrade sont les propriétaires des adresses à sushis (mais pas que) Kampaï Sushibar Niwa à Saint-Pierre. Le couple, qui emploie habituellement 11 salariés, a pu malgré tout maintenir la vente à emporter durant la fermeture des restaurants pendant ce confinement. Julie et Junior sont très touchés de la solidarité des Réunionnais en ces temps compliqués.

    Comment vivez-vous la situation ?

    Nous vivons avec un stress quotidien de ne pas savoir où cette situation va nous mener tout en essayant de relativiser.

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Soupe de légumes !

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Nous cuisinons tous les deux à tour de rôle, selon notre fatigue…

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Il nous permet de nous occuper de nos enfants âgés de 3 ans et 5 mois. Pour Monsieur de jardiner et bricoler à la maison. Pour Madame, quand le temps et les enfants le permettent, un peu de sport.

    Avez-vous mis des choses en place dans votre établissement ?

    Nous avons pu continuer la vente à emporter grâce à une clientèle fidèle mais aussi de nouveaux clients, ce qui est plutôt positif.

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    La solidarité dont font preuve les Réunionnaises et les Réunionnais est exceptionnelle. C’est grâce au soutien de chacun que nous arriverons à surmonter cette lourde épreuve. Nous souhaitons beaucoup de courage à tout le monde.

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS #34: les artisans distillateurs Ludovic et Céline Maufras de La Part des Anges à La Saline

    La famille Maufras garde le sourire malgré la situation compliquée qu’elle traverse.

    Ludovic et Céline Maufras de La Part des Anges sont touchés de plein fouet par la crise covid-19. L’activité de l’unique distillateur d’eaux-de-vie tropicales françaises est essentiellement liée à la fréquentation des touristes ainsi que des hôtels, cafés, restaurants mis à l’arrêt depuis le début du confinement. Le couple est très inquiet de l’avenir mais profite du moment pour transmettre l’art de la distillation à leurs enfants.

    À quel degré le confinement a-t-il mis un coup d’arrêt à votre activité ?

    Un arrêt total sur la vente, nous commercialisons soit en direct ou via les cavistes ou les cafés, hôtels, restaurants. Sur la production, pas de réel impact, nous continuons à distiller.

    Comment le confinement impacte-t-il votre activité ?

    Un impact financier et psychologique. Financier car plus aucune vente. Psychologique car nous n’avons plus de relations humaines, plus d’échanges directs autour d’un essai pour peaufiner les produits finaux. Plus de sourire, d’expressions du visage lors d’une dégustation donc une perte d’énergie pour la création.

    Quel est votre quotidien type durant ce confinement ?

    Journée à l’atelier pour avancer sur les mises en bouteilles, les distillations.

    Quel est le positif de cette situation ?

    Je (Ludovic) ne sais pas si je peux trouver du positif à cette situation. Il y a beaucoup de stress lié à cette crise car la situation financière est plus que délicate pour La Part des Anges. J’essaye de me projeter sur l’après Covid-19. Cela me donne tout de même du temps pour faire tout ce que l’on n’a pas le temps de faire habituellement, mais il est difficile de trouver l’énergie positive pour passer à l’action. Ce qu’il y a peut-être de plus positif, c’est de transmettre mes connaissances à nos enfants Axel (18 ans) et Angel (21 ans) qui apprennent les subtilités de la distillation.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Incertain ! Il faut repenser à des nouvelles formules : de visites de l’atelier, de dégustations, de commercialisations dont celles au-delà des frontières de La Réunion qui va devenir indispensable en attendant que nos chers touristes reviennent. Nous allons donc mettre notre énergie sur ces projets.

    La première chose que vous aimeriez faire après le confinement ?

    Un coucher de soleil à Boucan autour d’un verre et quelques proches.

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS #33: l’artisan chocolatier Alain Beaudemoulin au Tampon

    Le souriant artisan chocolatier Alain Beaudemoulin dans sa boutique.

    Alain Beaudemoulin est le talentueux artisan chocolatier installé depuis de nombreuses années au Tampon. L’an passé, il a choisi d’ouvrir une jolie boutique du côté du marché couvert du Tampon où il propose des délices aux saveurs de son île, dont un surprenant et réussi chocolat au massalé… Le confinement, qu’il accepte avec une certaine philosophie, lui permet de recentrer ses priorités.

    À quel degré le confinement a-t-il mis un coup d’arrêt à votre activité ?

    Nous n’avons jamais été dans l’obligation de fermer notre commerce, cela dit, compte tenu de la période que nous traversons et des mesures prises par notre gouvernement et les autorités sanitaires, il me semblait important de respecter le confinement. Nous avons décidé d’ouvrir durant la semaine pascale afin de répondre à la demande de nos clients, que je dois d’ailleurs remercier pour leur encouragement et leur bienveillance.

    Comment le confinement impacte-t-il votre activité ?

    Comme dans tous les secteurs d’activités, notre commerce n’a pas été épargné, même si nous avons malgré tout réalisé une belle semaine de Pâques. Les entreprises françaises tournant au ralenti, nous avons observé de facto une baisse des commandes au niveau des comités d’entreprises.

    Quel est votre quotidien type durant ce confinement ?

    Sur le plan professionnel, j’ai continué à produire du chocolat afin de préparer les fêtes de Pâques qu’il m’était impossible d’oublier. Du côté personnel, étant de nature casanière et passionné (nb : notamment d’oiseaux), mes activités quotidiennes n’ont pas été fondamentalement perturbées durant le confinement.

    Durant ce confinement, Alain Beaudemoulin passe beaucoup de temps dans son jardin.

    Quel est le positif de cette situation ?

    Avoir du temps pour soi et revenir à certains fondamentaux souvent négligés.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Je souhaite rester optimiste, même si aucun d’entre nous n’a encore toutes les réponses. Pour l’instant, nous avons décidé de rouvrir nos portes à compter du 6 mai en horaires restreints, du mercredi au samedi le matin de 9h à 12h.

    La première chose que vous aimeriez faire après le confinement ?

    Organiser une jolie soirée avec mes amis d’enfance.

  • La gastronomie pays contre le coronavirus #32: le chef Emmanuel Michau du restaurant Sahaa à Saint-Paul

    Emmanuel Michau en mode cuistot à la case.

    Emmanuel Michau est le cuisinier artisan qui a animé les fourneaux du restaurant Là-Bas,Ter La à Saint-Paul qu’il vient récemment de céder. Aujourd’hui, il est le chef exécutif du restaurant saint-paulois Sahaa ouvert l’an dernier. L’établissement récent est bien évidemment mis en péril en raison de cette crise sanitaire mais Emmanuel Michau veut garder espoir.

    Comment vivez-vous la situation ?

    Je vis la situation avec philosophie, une nouvelle épreuve de la vie. Nous n’avons pas connu la guerre, mais une pandémie mondiale, c’est totalement inédit, on en parlera dans les livres d’Histoire dans quelques décennies. C’est très compliqué au niveau du restaurant, autant pour nos employés que pour la survie de la structure en elle-même. Mais je suis confiant en la vie, et tout va bien se passer.

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Momos tibétain à la viande, fait maison

    Momos tibétains du chef Michau

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Je cuisine tout le temps à la maison, j’aime le faire pour mon fils, lui donner une palette de saveurs, faire son palais. Ma maman étant là, en vacances forcées, elle prend le relais de temps en temps et mon fils met la main à la pâte aussi.

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Je continue à travailler entant que consultant culinaire pour un armateur de pêche. Je fais l’instituteur pour mon fils, je lis beaucoup, quelques films et j’arrive à faire un peu de sport aussi.

    Avez-vous mis des choses en place dans votre établissement ?

    Pour l’instant, au Sahaa, nous n’avons rien mis en place, mais nous pensons à faire de la vente à emporter avec précommande 2 à 3 fois par semaine.

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    Larg pa, tien bo, restons ensemble, soudés, confinés et confiants. The Show Must Go Home !

  • La gastronomie pays contre le coronavirus #31: Corine Romeder de l’atelier de haute confiture Coco Passion

    Le confiturière Corinne Romeder, jamais très loin de sa bassine en cuivre

    Corinne Romeder est la fondatrice de l’atelier de haute confiture Coco Passion qui réalise des délices de haute volée. Son époux Pascal l’a rejointe en début d’année pour mener en duo cette douce passion. Durant ce confinement, l’activité a baissé de moitié mais le couple met à profit leur disponibilité pour aider certains de leurs producteurs de fruits comme leur voisinage.

    À quel degré le confinement a-t-il mis un coup d’arrêt à votre activité ?

    Le confinement nous contraint à travailler à 50 % de nos capacités.

    Comment le confinement impacte-t-il votre activité ?

    Nous faisons la confiture pour les petits-déjeuners de trois hôtels, et vendons nos produits à l’aéroport et dans diverses boutiques sur l’île. Seuls quelques cavistes restent ouverts avec les horaires imposés par le confinement, et peuvent encore proposer nos confitures. Nous pouvons encore fabriquer, mais les ventes sont très faibles.

    Quel est votre quotidien type durant ce confinement ?

    Notre quotidien a changé dans la mesure où nous nous rendons disponibles pour aider un producteur de fruits proche de chez nous, qui a connu des soucis de santé. De même l’entraide pour notre voisinage esseulé, en respectant les gestes barrières nous paraît essentiel. Nous essayons de mettre à profit ce temps de confinement pour de nouveaux aménagements et hygiène du labo. Nous essayons de trouver nos marques dans notre travail à deux depuis janvier.

    Désormais, il faut aussi compter sur Pascal chez Coco Passion. Le confinement n’empêche pas la fantaisie…

    Quel est le positif de cette situation ?

    Le positif vient du fait que nous resserrons les liens avec nos partenaires. Notamment avec les responsables de certaines boutiques qui ont des sites de vente en ligne et qui se sont mises en quatre pour intégrer nos pots de confitures à leur catalogue. Nous observons le monde et essayons de nous adapter avec optimisme.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Nous sommes persuadés que les comportements de consommation auront changé après cet épisode Covid 19. Nous réfléchissons à de nouveaux objectifs, pensons également créer un site click and collect dans l’année.

    La première chose que vous aimeriez faire après le confinement ?

    Personnellement, le lagon me manque, et il me tarde de pouvoir nager de nouveau avec mes amies ! Mon binôme et époux chéri sera ravi de reprendre les routes de l’île à vélo…

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS #30: Madame Glaces à Saint-Leu

    Madame Glaces rêve du retour de ses clients.

    Madame Glaces rêve de la réouverture de sa roulotte du côté de Quatre-Robinets à Saint-Leu. Ses nombreux clients espèrent également retrouver très vite ses bowls healthys et gourmands. Madame Glaces en reprendra doucement le chemin à partir de la rentrée scolaire, le 14 mai, sous forme de drive, réservations, sans attente, avec toutes les mesures de sécurité requises. Pour l’heure, Madame Glaces reste connectée à sa communauté tout en laissant la glace se rompre…

    À quel degré le confinement a-t-il mis un coup d’arrêt à votre activité ?

    Un arrêt total de l’activité !

    Comment le confinement impacte-t-il votre activité ?
    Nous avions la possibilité de faire de l’emporter mais par éthique ou par instinct, ma première idée a été de fermer boutique. Ce qui a conduit à une perte totale du chiffre d’affaires et aucun revenu. Je me suis quand même posé la question si nous pouvions rester ouverts pour l’emporter car on savait qu’on allait avoir une perte totale du chiffre d’affaires. J’ai donc fait un sondage sur les réseaux sociaux et effectivement à l’unanimité, c’était la fermeture. Cela a été vraiment bien de pouvoir échanger avec les clients qui craignaient beaucoup de monde devant chez Madame Glaces. J’ai toutefois envisagé et pensé à un système de commandes avec récupération des bowls très drastique avec les règles de distanciations sociales et hygiéniques. C’est un mode de commerce différent qui s’adapte à la situation avec une préparation en amont pour nous et aucune attente devant chez Madame Glaces, un drive en fait.

    Quel est votre quotidien type durant ce confinement ?

    Monsieur s’occupe de refaire la terrasse avec des bois de palettes qu’il avait récupérés, il y a donc actuellement un réaménagement de la terrasse. Toujours dans le même esprit avec des nouveaux meubles qui sont magnifiques avec du bois brut, c’est super mignon ! Pour ma part, je fais beaucoup de recettes de gâteaux crus sans gluten, de pancakes, de banana pancakes avec des petites astuces…Tous les jours, j’ai réalisé un smoothie avec les ingrédients que l’on a à la maison sous la main. Je prends des photos et je fais des stories sur Insta. J’ai mis en place un challenge et un concours pour gagner un bowling avec la personne de son choix. Les personnes devaient faire un bowl avec ce qu’elles avaient sous la main, il y a eu un tirage au sort et un vote du public pour choisir le plus beau bowl Instagramable. Je suis vraiment restée et reste quotidiennement connectée et proche de mes clients pendant ce confinement. Pour moi, c’est vraiment un chouette moment de partage et j’espère que pour eux aussi.

    Madame et Monsieur Glaces entourant Isabelle Allane.

    Quel est le positif de cette situation ?
    C’est que je suis restée très proche de mes clients pendant ce confinement. Et puis, on a le temps de faire plein de choses dans la maison qu’on ne fait pas d’habitude. On a pris le temps pour nous, pour se retrouver nous-mêmes et puis on a pris beaucoup de repos car depuis trois ans, c’est très intense pour nous et on doit dire que ça nous fait du bien… mais pas au porte-monnaie…      

    Comment envisagez-vous l’avenir ?  

    Alors je ne sais pas si c’est mon côté optimiste mais j’envisage l’avenir vraiment très bien. Ça va prendre du temps mais je pense que les activités vont redémarrer, celles qui ont pu tenir le coup et obtenir des aides de l’État et surtout le soutien des banques, en cette période c’est primordial !

    La première chose que vous aimeriez faire après le confinement ?

    C’est d’aller surfer mais j’ai surtout hâte de retrouver ma roulotte et mes clients.

  • La gastronomie pays contre le coronavirus #29 : l’artisan chocolatier Damien Kapp de Kapp Chocolatier au Tampon

    L’artisan chocolatier masqué Damien Kapp dans sa chocolaterie

    L’artisan chocolatier Damien Kapp de Kapp Chocolatier au Tampon, formé notamment par les grands du métier, Pierre Hermé et Patrick Roger, a subi de plein fouet la crise sanitaire avant les fêtes de Pâques. Son activité est récente et même s’il a limité la casse (pas celle des œufs de Pâques), Damien Kapp veut rester positif quant à l’avenir.

    À quel degré le confinement a-t-il mis un coup d’arrêt à votre activité ?

    Au départ, un arrêt total, surtout par choix personnel. Puis suite aux sollicitations des clients, notamment pour Pâques, nous avons lancé un site en ligne marchand type click & collect (commande et paiement en ligne puis prise de rendez-vous pour un retrait en boutique), afin de tout de même pouvoir vendre des chocolats à Pâques en limitant les risques sanitaires pour les clients comme pour nous.

    Comment le confinement impacte-t-il votre activité ?

    Sur la période de Pâques, pour rappel : le plus gros mois d’activité de l’année pour un artisan chocolatier, nous avons limité la casse en faisant un peu plus de 50 % du CA par rapport à 2019. Et suite à l’engouement des clients et à leurs sollicitations, nous allons réouvrir deux demi-journées par semaine dans un premier temps (vendredi et samedi matin).

    Quel est votre quotidien type durant ce confinement ?

    À vrai dire, habitant au-dessus de mon lieu de travail, il n’a pas été trop perturbé ces dernières semaines. J’ai passé beaucoup de temps à fabriquer les chocolats pour Pâques et à développer le site marchand, les différences majeures par rapport à d’habitude étaient que je ne recevais pas de clients et que nous devions nous partager la garde de notre fils avec ma femme, afin qu’elle aussi, puisse travailler.

    Quel est le positif de cette situation ?

    Cela m’a permis de réfléchir à d’autres canaux de distribution, mais cela m’a convaincu également de développer certains projets que j’avais dans des cartons comme la mise en place du site Internet, etc. Et de me rendre compte de l’ampleur de l’engouement des clients pour nos produits, alors que notre activité est encore assez récente et que nous avons encore beaucoup à gagner en visibilité.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Bien sûr nous sommes tous dans l’expectative, mais pour ma part, je suis assez positif surtout grâce au soutien des clients. Nous avons de la chance, surtout par rapport à d’autres entreprises, de ne pas avoir trop de charges (notamment salariales) à assumer et de pouvoir trouver des solutions de ventes alternatives pour tenter de limiter la casse durant cette période compliquée.

    La première chose que vous aimeriez faire après le confinement ?

    Voyager.

  • La gastronomie pays contre le coronavirus #28 : le chef Elie Abboud du restaurant libanais Le Mezzé à Saint-Pierre

    Le chef Elie Abboud et son fils Luca

    Le chef Elie Abboud et son épouse Crystel tiennent avec brio cette adresse de cuisine traditionnelle libanaise, Le Mezzé. Tout comme nombreux de leurs confrères, les rideaux de leur restaurant sont totalement fermés. Le couple veut être optimiste et relativise par rapport à la situation de nombreux pays dont celui des origines du chef, le Liban.

    Comment vivez-vous la situation ?

    Nous prenons notre mal en patience, en essayant de voir le côté positif de la situation : passer plus de temps avec notre fils.

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Blanquette de veau.

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Ma femme et moi en fonction de nos envies.

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Jouer avec mon petit garçon, bricoler et rattraper les séries qu’on n’a pas le temps de voir en temps normal.

    Quel sera le plat que vous aurez envie de cuisiner dès votre retour aux fourneaux ?

    Du kebbeh (boulettes allongées à base de boulgour et une farce traditionnelle à base de bœuf, de pignons de pin, d’oignons…)

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    Positivons au maximum, à La Réunion en particulier, et en France en général, nous ne sommes pas les plus à plaindre. J’ai toute ma famille au Liban, ils sont dans une situation intenable que ce soit sanitaire ou économique.

    Regardons autour de nous, ne nous apitoyons pas sur notre sort, car d’autres n’ont pas autant de chance.