• La gastronomie pays contre le coronavirus #28 : le chef Elie Abboud du restaurant libanais Le Mezzé à Saint-Pierre

    Le chef Elie Abboud et son fils Luca

    Le chef Elie Abboud et son épouse Crystel tiennent avec brio cette adresse de cuisine traditionnelle libanaise, Le Mezzé. Tout comme nombreux de leurs confrères, les rideaux de leur restaurant sont totalement fermés. Le couple veut être optimiste et relativise par rapport à la situation de nombreux pays dont celui des origines du chef, le Liban.

    Comment vivez-vous la situation ?

    Nous prenons notre mal en patience, en essayant de voir le côté positif de la situation : passer plus de temps avec notre fils.

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Blanquette de veau.

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Ma femme et moi en fonction de nos envies.

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Jouer avec mon petit garçon, bricoler et rattraper les séries qu’on n’a pas le temps de voir en temps normal.

    Quel sera le plat que vous aurez envie de cuisiner dès votre retour aux fourneaux ?

    Du kebbeh (boulettes allongées à base de boulgour et une farce traditionnelle à base de bœuf, de pignons de pin, d’oignons…)

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    Positivons au maximum, à La Réunion en particulier, et en France en général, nous ne sommes pas les plus à plaindre. J’ai toute ma famille au Liban, ils sont dans une situation intenable que ce soit sanitaire ou économique.

    Regardons autour de nous, ne nous apitoyons pas sur notre sort, car d’autres n’ont pas autant de chance.

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS #27 : le sommelier réunionnais Réza Nahaboo représentera la Suisse lors du concours du meilleur sommelier d’Europe à Chypre

    Le sommelier rénionnais Réza Nahaboo officie en Suisse

    Le confinement permet de faire des rencontres, virtuelles soient-elles. C’est ainsi, grâce à l’ami Jean Bernard, que j’ai pu faire tout récemment la connaissance de Réza Nahaboo, millésime 1987, chef sommelier en Suisse. Ce brillant Réunionnais, au parcours déjà bien étoffé, nous raconte son ascension professionnelle et n’oublie pas l’île qui l’a vu naître. Quand l’excellence réunionnaise s’exporte…

    Tout d’abord, comment vivez-vous ce confinement ?

    Le confinement se passe très bien. J’ai la chance d’avoir un balcon et de l’espace. Je pense à tous ceux qui vivent dans des appartements restreints, peu lumineux, à plusieurs, ce n’est pas la même chose… Aussi, ici en Suisse, le confinement est beaucoup moins strict que dans tous les autres pays voisins. Nous avons la liberté de sortir quand nous le souhaitons tant que l’on respecte les consignes de sécurité. Pour ma part, je vais en montagne m’aérer et être sûr de ne pas avoir de contacts…

    Pouvez-vous en quelques lignes nous décrire votre parcours professionnel ?

    J’ai commencé la restauration en apprentissage à l’âge de 15 ans dans la région Iséroise en France. J’ai obtenu un CAP Restaurant, puis un Brevet Professionnel Restaurant et une mention Sommellerie (5 ans d’alternance au total). Puis, à 19 ans, avec la mention en poche, je suis venu en Suisse à Montreux. J’ai travaillé pour une maison étoilée et une année plus tard, j’ai eu l’honneur de travailler pour Monsieur Rochat à Crissier, dans un établissement triplement étoilé où je fus assistant chef sommelier. Par la suite, j’ai multiplié mes expériences helvétiques comme à Genève au Four Seasons ou dans le Valais en travaillant pour des chefs étoilés. En termes de diversité, j’ai travaillé dans des établissements modestes, des maisons type brasserie, un wine bar, un shop de vins en lignes et la restauration étoilée en qualité, soit de chef sommelier soit de maître d’hôtel. En 2015, j’ai eu le privilège de faire l’ouverture du 5-étoiles Hôtel Royal Savoy de Lausanne. Ce fut une expérience incroyable où j’étais chef sommelier et assistant manager. J’ai eu l’honneur de créer une carte des vins de 420 références pour le restaurant de Monsieur et chef Marc Haeberlin… Puis en 2017, une autre ouverture et un nouveau poste : Sommelier Instructor pour le nouveau restaurant Le Bellevue situé dans la prestigieuse école Glion Institute of Higher Education où officient trois Meilleurs Ouvriers de France et Monsieur Paolo Basso, Meilleur Sommelier du Monde 2013.

    Comment est venue chez vous la passion de la sommellerie ?

    Lorsque j’ai commencé l’apprentissage, j’ai eu un feeling avec la partie boissons car j’avais la responsabilité de service des apéritifs et des vins, ça m’intéressait beaucoup. Puis, plus tard, j’ai rencontré un vrai sommelier de métier. Et je trouvais le personnage captivant, humble et étrange car il parlait de choses que je ne comprenais pas, mais les clients étaient fascinés. Puis un jour, il m’a donné un verre de crozes-hermitage à goûter, et ce fut le déclic…

    Est-ce plus compliqué pour un Réunionnais, dont la culture est davantage tournée vers le rhum, de percer dans la sommellerie internationale ?

    Je dois avouer que chercher une place d’apprentissage avec mon nom de famille ne fut pas très facile et j’ai eu une ou deux surprises liées à l’intégration. Personnellement, je ne pense pas que c’est une question de cultures ou de talents mais juste du travail. Si on a la fibre, la passion et que l’on travaille dur alors on y arrive ! Labor Omnia Probit Improbus ! (Un travail acharné vient à bout de tout).

    Toutefois et sans fausse modestie, je ne me considère pas comme avoir « percé » dans la sommellerie internationale. Je reste à ma place, je suis un étudiant du vin, un apprenti. Et tant mieux si j’arrive à transmettre des choses positives liées à ma passion.

    Quels sont vos titres en sommellerie et vos participations aux concours ?

    Je fus : Meilleur élève sommelier de France Vins du Val de Loire en 2007 ; 3e Meilleur Sommelier de Suisse en 2009 et en 2012 ; 2e Meilleur Sommelier de Suisse en 2014 et Meilleur Sommelier de Suisse en 2016. J’ai récemment réussi l’examen Advanced du Master Sommelier et la sélection nationale pour représenter la Suisse aux prochains championnats d’Europe de sommellerie à Chypre.

    A force d’apprentissage et de travail, Réza Nahaboo s’est distingué dans de nombreux concours de sommellerie.

    Vous êtes toujours attaché à La Réunion ? Vous êtes originaire de quelle ville ?

    Je suis né à Sainte Clotilde et je me sens toujours attaché à La Réunion. C’est une île incroyable avec une telle richesse et une telle diversité. Je suis très fier de mes racines, aussi, ma mère est de La Réunion, et mon père et mes frères sont de l’île Maurice.

    Revenez-vous de temps à autre sur l’île ?

    J’y suis retourné l’année dernière mais j’avoue que je n’y étais pas revenu depuis plus de dix ans… Non pas que je n’en avais pas envie !

    La cuisine réunionnaise vous manque-t-elle ?

    J’ai la chance que ma mère soit une grande cuisinière et que lorsque je la retrouve, elle me concocte des rougails, carrys, samoussas, sarcives pour les fêtes et même des bouchons. Alors à part le boucané et le ti jaque. Ça va… ce qui me manque c’est la saveur des fruits sur place lorsqu’ils sont à pleine maturité… un longani ou un letchi très mûr c’est quelque chose !

    Quels sont les plus beaux accords qu’on pourrait réaliser avec les grands standards de la cuisine traditionnelle réunionnaise ?

    Je dois être honnête mais c’est un sujet que j’aimerais travailler assez sérieusement pour aller plus en profondeur dans l’accord créole. Je n’ai pas vraiment eu l’opportunité de tester les accords avec différents styles de vins mais c’est dans ma tête.

    Le problème, à mon sens, c’est le piment. Qu’il soit en pâte, en vinaigrette, frais, piments oiseau, ou cabri… tout ce que vous voulez. À mon avis, le piment (surtout avec les doses réunionnaises !) ne laisse pas la place au vin… par la capacité à brûler et piquer en persistance.

    Mais en l’absence de piment sur les rougails/carrys, il y a des choses à faire. Les cuissons type carrys avec la tomate, ont énormément de succulence, de la persistance et les épices infusées sont souvent équilibrées, je pense que des cépages espagnols comme le mencia sur Bierzo ou Ribeira Sacra peuvent être sublimes sur des rougails thon. Avec le rougail saucisses, je garderais le même esprit mais avec des notes plus fumées et des terroirs volcaniques comme les vins de l’Etna à base de nerello mascalese avec un peu d’évolution sinon les tanins sont trop secs…

    Pour le gratin chouchou, on pourrait imaginer un vin frais, variétal et avec de bons amers comme un grüner veltliner d’Autriche. Peut-être un style plus crémeux comme un Ried (cru) ou une Réserve apportera la structure pour gagner en volume.

    Vous représenterez la Suisse aux prochains championnats d’Europe de la sommellerie. Comment avez-vous vécu cette nouvelle ? Comment vous préparez-vous pour cette compétition en ces temps confinés ? Vous fixez-vous un objectif pour ce concours ?

    Quand j’ai appris cette nouvelle, je n’en revenais pas ! Car il y avait certaines épreuves notamment sur la dégustation, qui m’ont un peu décontenancé. Ensuite, le questionnaire était très dur pour moi. Alors je ne faisais pas le malin. Comment je me prépare ? Sincèrement, je n’ai pas encore commencé. Je sais que c’est honteux au vu du challenge mais avec mon travail on a dû réadapter toute notre méthodologie avec les contenus et les cours en ligne et du coup, je dois déjà être prêt sur cette partie pour me reconcentrer au plus vite sur le concours.

    Pour la préparation, je vais étudier sur plusieurs points les pays viticoles du monde. Déguster des vins du monde régulièrement. Je suis entouré de mon collègue Fabien Mène qui est un des meilleurs sommeliers de Suisse, de Davide Dargenio, meilleur sommelier d’Italie, et de Bertrand Lutaud qui est un vrai coach pour moi et qui se prépare pour le Master Sommelier.

    Mon objectif est bien sûr secrètement la finale comme tous les candidats mais c’est certainement utopique… Je suis déjà très heureux de pouvoir faire ce grand concours et si j’atteins les demi-finales alors ça serait déjà merveilleux…

    Quels styles de vins aimez-vous ?

    J’aime tous styles de vins, j’aime le pinot noir sous toutes ses coutures, le riesling, le chenin !

    J’aime les cépages autochtones. Les vins fins où le terroir est le protagoniste.

    Votre plus grande émotion en dégustation ?

    La Tâche 1998 du Domaine de La Romanée-Conti… pluridimensionnel !

    Le vin que vous rêveriez de goûter ?

    Il y en a plein, des vins historiques, des vieux millésimes de Rayas, des rieslings de Moselle allemande d’avant-guerre pour voir l’évolution, des vieux monfortinos sur Barolo….

    Un message à passer aux Réunionnais durant ce confinement ?

    J’espère que les jeunes cuisinent avec leurs parents ! Pour que la culture ne s’efface pas mais se transmette… Et vive La Réunion ! Vive le rhum arrangé !

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS #26 : FRANÇOIS LECLERC ET OLIVIA MANIECA DE LA BOULANGERIE-PÂTISSERIE Ô DÉLICES DU PARADIS À SAINT-PIERRE

    François Leclerc continue à mettre la main à la pâte.

    Le boulanger François Leclerc et Olivia Manieca de la boulangerie-pâtisserie Ô Délices du Paradis de la Ligne Paradis à Saint-Pierre, enchâssée dans la zone artisanale et industrielle, sont considérablement impactés par ce confinement. Pour le grand plaisir et le réconfort de leurs fidèles clients, le couple a rouvert ses portes pour donner du baume au cœur aux amoureux du bon pain et de douceurs gourmandes.

    À quel degré le confinement a-t-il mis un coup d’arrêt à votre activité ?

    Nous étions en congés juste avant le confinement. Notre reprise s’est faite la semaine du confinement et cela a été catastrophique. Nous avons dû fermer à nouveau 15 jours avant de rouvrir et permettre le dispositif gestes barrière pour la sécurité de nos employés et nos clients.

    Olivia Manieca est actuellement sur le pont durant ce confinement.

    Comment le confinement impacte-t-il votre activité ?

    Les clients se déplacent beaucoup moins. Nous dépendons aussi des nombreuses entreprises alentours, qui sont quasiment toutes fermées. Nous avons donc une baisse considérable de la clientèle.

    Quel est votre quotidien type durant ce confinement ?

    Nous travaillons uniquement le matin. Nous avons adapté nos horaires et les après-midi, on profite de notre vie de famille, de nos enfants.

    Quel est le positif de cette situation ?

    C’est que nous passons plus de temps en famille. On prend aussi le temps de s’occuper de la maison, du jardin.

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    On sait que ce sera très compliqué mais on reste positifs.

    La première chose que vous aimeriez faire après le confinement ?

    Après le confinement, on fera un bon restaurant, faire travailler nos confrères, et en famille bien sûr !

  • La gastronomie pays contre le coronavirus #25 : le chef Romain Durand du Vieux Pressoir au Conservatoire Mascarin des Colimaçons

    Le chef Romain Durand se met à la fabrication de pains maisons

    Romain Durand est le chef du bucolique restaurant Le Vieux Pressoir situé dans l’enceinte du Conservatoire Botanique National de Mascarin aux Colimaçons. Gérée en famille avec Aurore, cette charmante table propose une cuisine où l’on retrouve les produits du terroir réunionnais dans une mise en scène gourmande et originale. Le restaurant tout comme le conservatoire sont bien évidemment fermés durant ce confinement ; Romain et Aurore attendent des jours plus heureux en profitant de cette pause forcée.

    Comment vivez-vous la situation ?

    Plutôt bien malgré le contexte difficile ! On s’interdit habituellement de prendre trop de vacances. On va dire que cette fois-ci, ce sont des vacances forcées qui nous permettent de passer du temps avec nos enfants qu’on ne voit jamais les week-ends. Et puis, on relativise beaucoup, en se disant qu’il faut toujours assurer ses arrières en se disant que rien n’est infini… la preuve ! Même si c’est difficile, cette pause nous a permis de comprendre qu’il n’y a pas que le restaurant… et qu’on s’est aussi faire d’autres choses de nos mains !

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Gratin de chouchous, c’est la saison et on en a à foison dans le jardin, avec une poêlée de camarons et moules à la crème d’ail, brunoise de carottes et courgettes.

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Nous cuisinons tous les deux. Aurore étant réunionnaise nous prépare des plats traditionnels locaux et moi, étant de Bordeaux, j’aime aussi retrouver les goûts de mon pays !

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Le jardin, le potager, Aurore s’y est lancé, bientôt on aura des brocolis, des citrouilles, des tomates, des choux-fleurs, des brèdes. Notre rêve serait de pouvoir produire quelques produits pour le restaurant alors on essaie ! Et surtout, on s’éclate à tester toutes sortes de pains faits maison, pour l’instant la palme d’or revient aux petites miches de pains marocains au curcuma et aux herbes fraîches du jardin.

    Pains maison au curcuma

    Quel sera le plat que vous aurez envie de cuisiner dès votre retour aux fourneaux ?

    Un jarret de porc pays à la bière locale avec une bonne mousseline de pomme de terre maison.

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    C’est un moment difficile mais utile pour que nous comprenions tous qu’il faut faire vivre les exploitants locaux : producteurs, éleveurs, fabricants, artisans, et bien d’autres. Même ces derniers vont peut-être comprendre que nous sommes tous liés. Nos circuits seront plus courts et notre économie se portera certainement mieux. Et bien évidemment, beaucoup de courage aux malades et à leurs familles.

  • La gastronomie pays contre le coronavirus #24 : le boulanger Nicolas Guinet de Côté Pain à Étang-Salé-les-Bains

    Le boulanger Nicolas Guinet (à gauche) et une partie de la sympathique équipe de Côté Pain

    Nicolas Guinet est le boulanger de Côté Pain à Étang-Salé-les-Bains, spécialiste des pains bio avec une large gamme de pains spéciaux. La fermeture des restaurants et des marchés forains a davantage fait chuter son activité. Après une semaine de fermeture, le temps d’installer tout le nécessaire pour respecter les gestes barrière pour ses salariés volontaires et ses clients, Nicolas Guinet a rouvert pour le bien de tous ses clients qui étaient en manque de ses fabuleux pains.

    À quel degré le confinement a-t-il mis un coup d’arrêt à votre activité ?

    Pas réellement un coup d’arrêt car nous avons eu la chance de pouvoir rouvrir notre commerce tous les jours, c’est une réelle chance. Nous en sommes conscients. Cependant, le confinement nous prive de nos clients résidant en dehors d’Étang Salé.

    Comment le confinement impacte-t-il votre activité ?

    Nous avons fait le choix de n’ouvrir que le matin, afin de concentrer nos ventes sur une période plus restreinte, pour le bien des clients, comme des salariés.

    Certains clients viennent tous les jours, d’autres, une ou deux fois par semaine, d’autres encore ne viennent pas. Concrètement, nous servons trois fois moins de clients que la normale mais leur panier moyen est plus élevé. Les chocolats de Pâques ont cependant connu un vif succès, nous en avons fait à peine moins que l’année dernière.

    Nous avons réduit notre équipe, nous ne travaillions plus qu’à 7 au lieu de 23 !

    Quel est votre quotidien type durant ce confinement ?

    Du mardi au dimanche, en production le matin, repos et paperasse les après-midis !

    Quel est le positif de cette situation ?

    La reconnaissance des clients ravis de pouvoir trouver du pain, des viennoiseries et des pâtisseries sur Étang-Salé-les-Bains. J’ai aussi apprécié la réactivité de certaines structures proposant des livraisons de paniers de fruits, légumes et pains. Et j’ai un peu de temps aussi pour jardiner et m’aérer l’esprit…

    Comment envisagez-vous l’avenir ?

    Pas facile, il faudra être prudent même s’il faut garder confiance et rester positif. Nous avons la chance d’exercer notre activité mais c’est l’inconnu pour de nombreux secteurs dont la restauration avec laquelle nous travaillons beaucoup, nous pensons beaucoup à eux actuellement.

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS # 23 : le chef patron Benoît Vantaux de L’Atelier de Ben à Saint-Denis

    Le chef Benoît Vantaux cuisine en famille.

    Le célèbre chef Benoît Vantaux de l’Atelier de Ben à Saint-Denis, 3-Vanilles au GUIDE KASPRO 2020, veut rester optimiste en pensant à l’après-confinement même si ce dernier n’a pas encore été décrété pour la restauration. Benoît Vantaux avait ouvert l’an dernier L’Atelier de Ben dans sa nouvelle version en doublant sa capacité d’accueil et son personnel. Le chef avait également lancé C’est Prêt où il propose durant ce confinement des plats à emporter comme un risotto arborio, plancha de crevettes et pistou à l’ail des ours (12 €) ou encore un pavé de légine à la vapeur de citronnelle, patates douces, courgettes (15 €)…

    Comment vivez-vous la situation ?

    C’est difficile et frustrant, surtout que nous venions juste de d’ouvrir nos nouvelles structures. Il n’y a aucune visibilité sur l’avenir. Mais je reste confiant, nous sommes des artisans avec un savoir-faire.

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Riz, saucisses frites, brèdes et rougail tomates.

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    En ce moment, c’est moi étant donné que ma femme est en télétravail.

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Je profite de ma fille en faisant notamment des jeux de société. Je fais un peu de bricolage au resto. J’en profite aussi pour me reposer. Je pense aussi à la réouverture. Je fais aussi du sport.

    Quel sera le plat que vous aurez envie de cuisiner dès votre retour aux fourneaux ?

    Certainement un plat en fonction du marché : un plat de saison, frais, végétal.

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    Faut rester optimiste, profitons de vivre en famille ! Soyons soudés et solidaires pour mieux rebondir ensemble. Larg pa !

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS # 22 : le chef Bruno Rondeau du restaurant L’Olivier au Tampon

    Le chef Bruno Rondeau, triste de ne pas pouvoir cuisiner pour ses clients.

    Bruno Rondeau, le chef du restaurant L’Olivier au Tampon, 1-Vanille au GUIDE KASPRO 2020, vit difficilement cette situation de confinement tout comme nombre de ses confrères cuisiniers. Il envoie un message de soutien à tous ses collègues tout comme à ceux qui ont dû fermer boutique.

    Comment vivez-vous la situation ?

    La situation est forcément compliquée et dure à vivre quand on a l’habitude de faire entre 12 et 18 heures par jour. Et de se retrouver à ne rien avoir à faire de ses journées. Oui c’est compliqué !

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Salade de mâche et magret fumé, œufs pochés et pignons de pin torréfiés ; en plus on prend des kilos…

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Je suis seul à la maison, donc pas le choix et je suis un petit peu chef, ça aide !

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Comptabilité, rangement, nettoyage du restaurant, revoir les menus, etc.

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    Courage, courage et encore un peu de courage et de patience, restez out case pour le bien de tous. Ce confinement fait réfléchir sur ce que nous sommes, qui nous sommes, et pourquoi nous sommes là. Le retour à la normale changera certains, beaucoup auront tout perdu, d’autres se relèveront avec difficultés, soyez forts. J’ai une pensée pour tous mes amis restaurateurs et autres commerces qui ont dû fermer par obligation et qui se retrouvent aujourd’hui sans rien.

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS # 21 : Georgios Spandos du Palm Hôtel & Spa de Petite-Île

    Georgios Spandos et sa souris d’agneau au kaloupilé

    Georgios Spandos est cuisinier, sous-chef au Palm Hôtel & Spa de Petite-Île. Ce Grec, installé à La Réunion depuis quelques années, prend au quotidien des nouvelles de sa famille et de ses amis vivant au pays des Cyclades. Danser le sirtaki n’est pas d’actualité, il applique pour l’instant un confinement très strict et encourage tous les Réunionnais à en faire de même.

    Comment vivez-vous la situation ?

    Le plus dur, c’est vraiment de ne pas sortir, mais je pense que le confinement est essentiel pour stopper l’épidémie. Encore faut-il que les mesures soient respectées de tous. C’est tout de même difficile de ne plus voir ses proches. Ma famille est confinée chez elle en Grèce. Je les appelle chaque, je prends également des nouvelles de mes amis, heureusement aucun n’est atteint pour le moment du covid-19. Ces circonstances exceptionnelles nous poussent à nous soucier davantage des autres, à nous préoccuper de leur bien-être.

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Souris d’agneau confite au kaloupilé, tarte au citron meringuée.

    La tarte citron meringuée de Georgios

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    C’est principalement moi, mais ma conjointe prépare également des bons petits plats.

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Je suis confiné avec ma conjointe, on s’entend bien ! On regarde des séries, on fait du sport, du yoga, on cuisine… bref, on s’occupe, comme tout le monde.

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    C’est une responsabilité collective, mais nous devons absolument patienter ! Je reprendrai aussi une citation de Mandela, qui, lui, est resté emprisonné durant 27 ans. « Peu importe si nous avançons lentement, du moment que nous ne nous arrêtons pas. Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse ».

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS # 20 : GUILLAUME ET ROXANE DU 6 À SAINT-LEU

    Guillaume et Roxane du 6 à Saint-Leu avec modération !

    Le 6 est une adresse récente qui a le vent en poupe à Saint-Leu. Malheureusement, le confinement est venu stopper les voiles de ce restaurant de poche. Le couple Guillaume et Roxane reste cependant positif face à la situation et a mis récemment en place un service à emporter qui plaît beaucoup à leurs clients fidèles.

    Comment vivez-vous la situation ?

    Hyperactif de nature, je le vis mal. La première semaine a été un enfer, mais je relativise, rien n’arrive sans rien. Je trouve que cela permet à tout le monde de se rendre compte de la vraie place que l’être humain a sur cette terre. À nous, maintenant, d’en tirer des leçons ; une fois que tout cela sera derrière nous, j’espère que nous continuerons sur cette voie. Consommer mieux, des produits locaux et de saison. S’entraider. Prendre des nouvelles de nos proches. Je suis inquiet quand je vois ce qu’il se passe en Europe, en Italie notamment car j’y ai vécu toute ma jeunesse, que j’y ai de la famille et des amis. J’espère qu’une solution sera vite trouvée et qu’un maximum de malades seront guéris.

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Un poulet mayonnaise — pour les enfants c’est bien — une salade à côté — glace en dessert.

    Poulet mayonnaise by Le 6 pour la famille

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Ça dépend, si ma compagne me demande des petits plats, je les fais volontiers, surtout depuis le confinement ; la plupart du temps, c’est quand même Roxane. C’est toujours le cordonnier le plus mal chaussé, donc je mange simple, un bon plat de pâtes me suffit amplement ou une bonne salade.

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    Des idées pour des futurs projets. Je reprends contact avec beaucoup de gens à qui je n’ai pas consacré beaucoup de temps ces derniers mois voire ces dernières années. Je prépare des nouvelles cartes, je suis beaucoup de recettes et médite beaucoup dessus. Je sors surtout le moins possible. Ah si, j’ai repris un peu le sport !

    Quel sera le plat que vous aurez envie de cuisiner dès votre retour aux fourneaux ?

    J’espère que nos clients seront au rendez-vous, car ils nous manquent terriblement, ça sera donc à eux de décider et j’exécuterai. Ceci dit, ce confinement nous a permis de nous tourner de plus en plus sur le produit pays, j’espère donc pouvoir m’y pencher davantage.

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    Soyons raisonnables, intelligents, nous sortirons renforcés de cette situation. Nous sommes en train de faire de bonnes choses, l’entraide, l’écoute et le respect des règles sur Saint-Leu est plaisante à voir. Continuons et bientôt nous ferons la fête comme nous savons si bien le faire. Pour l’instant “The show must go Home”. 

  • LA GASTRONOMIE PAYS CONTRE LE CORONAVIRUS # 19 : le chef propriétaire Richard Angot d’Ancre Terre & Mer Saint-Pierre Terre Sainte

    Le chef Richard Angot continue à aiguiser ses couteaux !

    Le chef Richard Angot emploie 10 salariés dans son restaurant Ancre Terre & Mer à Terre Sainte dont les spécialités sont les risottos et les tartares de poissons. Inquiet de la situation, il prend son mal en patience en réalisant des travaux dans son restaurant pour mieux accueillir ses clients qui lui manquent tant…

    Comment vivez-vous la situation ?

    Il est vrai que pour l’instant nous vivons dans l’incertitude la plus complète sans savoir quand cela prendra fin…

    Quel a été le menu d’hier soir ?

    Nous passons en mode régime : salade de lentilles fumées à la féta, radis du jardin, œuf poché au pesto de fanes de radis…

    Salade de lentilles fumées à la féta, radis du jardin, œuf poché au pesto de fanes de radis.

    C’est vous qui cuisinez à la maison ?

    Oui, et ma femme s’occupe de la gestion comme d’habitude…

    Quelles activités le confinement vous permet-il de faire ?

    On avait prévu des travaux en janvier sur le restaurant qui n’ont pas pu être réalisés à cause de la cause météo. De par ce confinement, on en profite pour les faire. Démontage et rénovation du deck de la terrasse, on prend notre temps…

    Quel sera le plat que vous aurez envie de cuisiner dès votre retour aux fourneaux ?

    Pas vraiment de plats spécifiques, mais des idées que traînent dans le coin du cerveau pour des suggestions, et avant tout retrouver nos clients et nos équipes en pleine forme !

    Un message à passer aux Réunionnais durant ces moments difficiles ?

    Que tout le monde puisse passer ce cap très difficile, nous savons que le confinement est difficile surtout quand il dure autant de temps mais il est indispensable pour tous. Il serait temps aussi de favoriser à tout prix les circuits courts et revoir nos modes de consommation ! Restez chez vous et ne prenez pas de risque pour vous et vos familles.